Malpropreté urinaire chez le chat : conduite à tenir

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Auteur : Valérie Dramard, docteur vétérinaire, 
Trouble comportement fréquent chez le chat, la malpropreté urinaire doit faire l’objet d’une démarche thérapeutique pertinente. Changements de conditions de vie, phéromones, compléments alimentaires ou psychotropes constituent les principaux moyens d’action du praticien. Un second article détaillera les thérapies comportementales.
 



Introduction

Responsable très souvent d’une désaffection des propriétaires pour leur chat et trop souvent encore d’abandon ou d’euthanasie, la malpropreté urinaire est pourtant un trouble du comportement qui se soigne bien.

Une bonne connaissance du comportement du chat qui permet de prescrire des changements de conditions de vie pertinents (voir article à venir), l’utilisation de phéromones, de compléments alimentaires ou de médicaments psychotropes, constituent les moyens d’action du praticien.

L’approche clinique et thérapeutique d’un chat malpropre doit être globale. En effet, les infections urinaires et une polyuropolydypsie constituent les principaux facteurs organiques favorisant la malpropreté urinaire. Même si la malpropreté est d’origine organique, l’approche comportementale est fondamentale pour faire disparaître le symptôme gênant.

Cet article envisagera l’approche «chimique» des troubles de la propreté urinaire apparus chez un chat adulte. Les mesures comportementales seront traitées dans un prochain article.


Un signe de stress

Quand un chat urine en dehors de son lieu d’élimination, c’est un signe de stress. Par conséquent, la logique générale de la prise en charge d’un chat malpropre sera articulée autour de l’apaisement et du mieux-être. Cela signifie que la thérapie comportementale sera orientée aussi dans ce sens, les réprimandes étant alors fortement déconseillées.


Niveaux diagnostiques

Le praticien orientera son action thérapeutique en fonction de deux éléments diagnostiques pour prévoir si les thérapeutiques non médicamenteuses seront suffisamment efficaces ou non.

Le chat a-t-il suffisamment d’auto-contrôles ?

Un chat présentant un déficit d’auto-contrôles est particulièrement vulnérable émotionnellement : il a beaucoup moins de capacités à s’adapter aux changements. Un changement dans le territoire (déménagement, travaux d’intérieur, nouveau mobilier), l’arrivée ou le départ de personnes ou d’animaux ou tout simplement un stress provoquera chez lui un bouleversement émotionnel important et induira très rapidement des troubles anxieux ou dépressifs.
Par conséquent, si le chat n’a pas acquis suffisamment d’autocontrôles, les chances de réduire la malpropreté à l’aide de phéromones ou de compléments alimentaires sont minces. En pratique, si ces moyens sont utilisés en première intention, il convient de revoir la thérapeutique si, après deux semaines, les progrès sont inexistants ou trop faibles. Rappelons que l’épuisement moral des propriétaires assombrit le pronostic vital du chat.

La malpropreté est survenue après un changement de contexte de vie ?

Souvent l’entretien avec les propriétaires permet de faire un lien évident entre un changement dans le milieu de vie du chat et l’apparition de marquages urinaires ou de flaques d’urine sur le canapé. Tous les moyens pour aider le chat à s’adapter à ce(s) changement(s) doivent être utilisés (voir aussi article à venir).

- En première intention

Feliway ND est particulièrement indiqué après un déménagement ou un réaménagement de l’habitation (anxiété de déterritorialisation) sauf si le chat malpropre effectue pourtant du marquage facial dans la ou les pièces où l’on retrouve des urines.

L’utilisation de Feliway ND en diffuseur est très utile à l’arrivée d’un autrechat (anxiété de cohabitation) pour apaiser tous les chats (celui en place et « l’intrus »). Feliway ND peut être aussi vaporisé directement sur l’endroit du spot urinaire lors de marquages urinaires. Attention, il est inutile de vaporiser Feliway ND sur une zone souillée horizontalement (élimination) : ce n’est pas efficace.

Anxitane ND et Zylkène ND, deux compléments alimentaires aux propriétés apaisantes (action Gabaergiques), sont très intéressants en première intention. Ils n’induisent pas d’effets secondaires, notamment pas d’effets sédatifs, et sont faciles à administrer: Anxitane ND est appètent et la poudre de la gélule de Zylkène ND peut être ajoutée à l’aliment.

Leur efficacité doit être constatée dans les deux premières semaines : le chat est moins stressé et la fréquence des urines retrouvées en dehors de la litière diminue. S’ils sont efficaces, les phéromones d’apaisement et/ou les compléments alimentaires seront utilisés environ deux mois. Si on constate une rechute, leur administration peut être renouvelée encore un ou deux mois.

- En seconde intention

Le chat souffre d’une anxiété telle qu’elle l’empêche de s’adapter à la situation : ilcontinue de souffrir, donc d’uriner, malgré la thérapie comportementale et les produits apaisants administrés. Un psychotrope médicamenteux doit alors être prescrit, l’amélioration devant être observable dans les trois semaines.

Même si le traitement est efficace rapidement, il doit être poursuivi au moins six mois afin de soigner durablement le trouble émotionnel.

Si le chat est âgé ou si l’anxiété s’accompagne d’une certaine inhibition, Selgian ND (1mg/kg/j en 1 prise) est intéressant.

Clomicalm ND (1à2mg/kg/jen 1prise) est indiqué notamment pour ses effets anti-cholinergiques améliorant la continence urinaire.

La fluoxétine ou Prozac ND (1 mg/kg/j en 1prise) est particulièrement efficace surtout si le chat montre un déficit des autocontrôles, s’il présente de la boulimie (effet anorexigène de la fluoxétine) ou si les effets sédatifs de Clomicalm ND sont trop importants (la fluoxétine est moins sédative).


Conclusion

L’usage de produits apaisants ou anxiolytiques est fondamental si les maîtres « craquent » car cela leur permet de comprendre que leur chat est en souffrance et que toute manœuvre punitive est contre-indiquée. Toutefois, les consignes comportementales  (voir article à venir) représentent souvent une part fondamentale de la prise en charge du chat malpropre.

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Malia, chatte de 6 ans présentait depuis toujours de l'anxiété avec, depuis deux ans, de la malpropreté urinaire quotidienne liée à des épisodes de cystites émotionnelles, malgré divers traitements apaisants. La fluoxétine a permis une amélioration rapide et durable : la chatte est devenue propre et son anxiété a nettement diminué (son pelage est gras parce que la fluoxétine est administrée dans du beurre déposé sur les poils de son épaule).
© Valérie DRAMARD


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Malpropreté chez le chaton

Un chaton est normalement propre dès l’âge de trois semaines : il recherche le lieu d’élimination adéquat pour uriner ou déféquer, c’est-à-dire qu’il s’éloigne du lieu de couchage, retrouve en flairant le lieu où se soulage sa mère et enfouit ensuite ses besoins.

L’environnement où vivent la mère et ses chatons doit donc être suffisamment propre et vaste pour que l’aire de couchage, l’aire d’alimentation et l’aire d’élimination soient clairement distincts.

Si la mère est malpropre ou si l’environnement est surpeuplé et souillé, les chatons n’ont pas les moyens d’apprendre la propreté. Il sera difficile ensuite de rendre le chaton propre après l’adoption mais, avec de la patience et grâce à l’imitation de l’autre chat de la maison, c’est possible.


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