Détection d'Encephalitozoon cuniculi dans le cristallin de certains chats

Benz P, Csokai J, Fuchs-Baumgartinger. Detection of Encephalitozoon cuniculi in the lens of cats. European college of veterinary ophthalmologists - 2010 Annual Scientific Meeting. Berlin, 28-29 may 2010. Conference proceedings. P52.

detectionUne étude a cherché à confirmer qu'Encephalitozoon cuniculi (E. cuniculi) pourrait être à l'origine de cataractes et d'uvéites chez le chat.

Tous les chats reçus depuis avril 2009 à l'université vétérinaire de Vienne et présentant une cataracte corticale antérieure focale ou une cataracte totale et une uvéite secondaire ont été soumis à un examen ophtalmologique complet, un hémogramme, un examen biochimique sérique et des tests sérologiques de dépistage du FIV de la PIF, du FeLV et de Toxoplasma gondii.

Chez ces chats, des analyses cytologiques et par PCR ont également été réalisées à partir de l'humeur aqueuse prélevée par paracentèse et à partir du matériel extrait lors de la phacoémulsification du cristallin. En outre, des examens histopathologiques (coloration hématoxyline-éosine et coloration rapide) de la capsule antérieure du cristallin réséquée et des cellules épithéliales du cristallin ont été pratiqués.

Enfin, des tests sérologiques ont aussi été effectués pour rechercher des anticorps dirigés contre E. cuniculi dans un groupe témoin constitué de 80 chats ne présentant aucune affection oculaire. Huit chats européens (14 yeux) dont 4 mâles castrés et 4 femelles stérilisées, âgés en moyenne de 4,4 ans, ont été intégrés dans l'étude. Six d'entre eux présentaient une cataracte bilatérale. Sur les 14 yeux atteints, 9 présentaient une cataracte corticale antérieure (donc immature) et les 5 autres une cataracte nucléo-corticale mûre. Tous les chats présentaient une uvéite antérieure avec des précipités rétro-kératiques caractéristiques. La créatine était légèrement augmentée chez 2 des 8 chats.

Un titre positif (1:80  1:10 000) pour les anticorps dirigés contre E. cuniculi a été observé chez tous les chats. L'examen par PCR a permis de détecter L'ADN d'E. cuniculi (souche II) dans les 14 cristallins et dans 8 des 14 échantillons d'humeur aqueuse.

Avec les colorations histopathologiques, des spores dE. cuniculi ont été détectées dans 12 des 14 prélèvements de cellules épithéliales du cristallin. Dans le groupe témoin, seuls 2 des 80 chats sains avaient un titre positif pour les anticorps dirigés contre E. cuniculi.

Conclusion Cette étude a permis de confirmer que E. cuniculi (souche II) est bien à l'origine d'uvéites antérieures chez le chat et de cataractes corticales antérieures focales.

 

BouhannaAuteur

Laurent Bouhanna,
Vétérinaire spécialiste
en ophtalmologie à Paris.

© VETUP- Logiciel vétérinaire