Une nouvelle technique « de poche » périlimbique pour le traitement chirurgical de la luxation de la glande nictitante chez le chien

Premont JE, Monclin SJ, Grauwels M. Description of a perilimbal pocket technique for surgical replacement of prolapsed nictitans gland in the dog. European college of veterinary ophthalmologists - 2010 Annual Scientific Meeting. Berlin, 28-29 may 2010. Conference proceedings. p45.

pocheUne étude rétrospective évalue le taux de réussite à long terme, la simplicité technique et les complications d'une nouvelle procédure de remise en place de la glande nictitante luxée chez le chien. La distribution par race, par sexe et par âge de la population canine étudiée, la prévalence des prolapsus unilatéraux et bilatéraux de la glande, et l'âge d'apparition initial ont également été déterminés.

Vingt-quatre chiens (34 yeux) présentés au Service d'Ophtalmologie de l'Ecole Vétérinaire de Liège entre janvier 2006 et février 2010 pour un prolapsus uni ou bilatéral de la glande nictitante, ont été intégrés dans l'étude.

La procédure consiste dans un premier temps à effectuer 2 incisions conjonctivales :

- la première, située à 2-4 mm et parallèle au limbe ventronasal ;

- la seconde, située sur la face bulbaire de la membrane nictitante, à 3-4 mm et parallèle à son bord libre.

La glande est replacée et fixée en position normale en suturant à l'aide de points séparés en U (fil résorbable Vicryl 6.0) l'incision de la membrane nictitante aux tissus épiscléraux et sous-conjonctivaux ventraux. Il convient d'enfouir les nSuds des sutures.

Des examens opthalmologiques (13 chiens/24) ou des contacts téléphoniques avec les propriétaires (11 chiens/24) ont permis un suivi à long terme des patients. Dans cette étude, le bulldog anglais, le matin de Naples et le cocker américain étaient les races les plus atteintes. 91,3 % des chiens étaient âgés de moins de 1 an au moment du diagnostic. 58,3 % des prolapsus de la glande nictitante étaient unilatéraux. Chez les 3 chiens pour lesquels l'affection était bilatérale, l'apparition n'a pas été simultanée ; la luxation pour le deuxième oeil s'est déclarée dans un délai de 2 mois après le premier. La durée moyenne du suivi a été de 11,1 mois.

Pour cette nouvelle technique, le taux de réussite a été de 87,5 %. Chez les chiens qui ont pu être suivis, les résultats des tests de Schirmer étaient normaux et les examens biomicroscopiques n'ont pas révélé d'anomalies.

Conclusion Cette technique s'est montrée efficace pour replacer et maintenir en position normale la glande nictitante luxée chez des chiens de races de petite, moyenne et grande taille, malgré la mobilité réduite de la membrane nictitante. Une fois maîtrisée, la technique s'est révélée très facile à réaliser. Tout au long de la période de suivi, la sécrétion lacrymale n'a pas été perturbée.

 

BouhannaAuteur

Laurent Bouhanna,
Vétérinaire spécialiste
en ophtalmologie à Paris.

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