Eversion cartilage

Une chienne croisée Griffon de 2 ans est présentée pour une anomalie de la membrane nictitante sur les deux yeux (photo 1).

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Photo 1 : Anomalie de position du bord libre de la membrane nictitante


L’examen rapproché permet de mettre en évidence une éversion du cartilage associée à une hyperhémie conjonctivale modérée et un epiphora discret (photos 2 et 3).

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Photos 2 et 3 : Mise en évidence d’une éversion du cartilage : noter la plicature du cartilage visible par transparence

Cette affection touche principalement les grandes races dans leurs premières années de vie et serait liée à un asynchronisme de croissance entre le cartilage et les tissus conjonctivaux. La plicature se fait au niveau de la jonction des 2 branches du T. Elle éverse majoritairement le bord libre bien que des inversions soient également possibles. Le traitement est uniquement chirurgical. Il consiste à désolidariser les 2 branches du T.

Le bord libre est saisi et mis en tension par deux pinces d’Allis ou par deux fils de traction (photo 4).

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Photo 4 : Mise en position opératoire au moyen de pinces d’Allis

La membrane est ensuite positionnée en éversion pour opérer. Après visualisation de la plicature, une incision de 5 mm est réalisée latéralement au cartilage aux ciseaux de Severin-Stevens (photo 5).

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Photo 5 : Incision conjonctivale puis dissection supra- et infra-cartilagineuse de la plicature

Par cet orifice une dissection supra-cartilagineuse (sous-conjonctivale) et infra-cartilagineuse est réalisée (photo 6).

Cette dernière s’avère plus délicate en raison des fortes adhérences entre le cartilage et le conjonctif sous-jacent.

Une incision de part et d’autre de la plicature permet de retirer la jonction cartilagineuse incurvée (photos 6 à 9).

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Photo 6 : Exposition de la face externe du cartilage après dissection

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Photo 7 : Incision cartilagineuse de part et d’autre de la zone incurvée

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Photo 8 : Exérèse de la plicature

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Photo 9 : La pièce d’exérèse : plicature de la jonction entre les deux branches du T

Aucune suture n’est posée sur l’incision qui cicatrisera par seconde intention. La membrane est repositionnée anatomiquement (photo 10).

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Photo 10 : Repositionnement anatomique de la membrane nictitante

En l’absence de plicature, elle épouse à nouveau la convexité cornéenne (photo 11).

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Photo 11 : Post-opératoire immédiat : bord libre en position anatomique

Les complications possibles sont la remontée de la branche verticale du T qui déforme la face bulbaire de la membrane. Elle peut s’accompagner d’une luxation de la glande lacrymale accessoire, d’autant que les races prédisposées à l’éversion du cartilage le sont aussi pour cette affection.

Pour limiter ce risque, la membrane peut éventuellement être fixée pendant 10 jours par une technique classique de tarsoraphie afin d’obtenir une fibrose cicatricielle mieux orientée.

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