Dermatophytose chez le jeune furet

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Auteur : Dr Christophe Bulliot, docteur vétérinaire
Six furetons âgés d’une dizaine de jours sont présentés pour des lésions cutanées. On observe une dépilation, un érythème et un squamosis. Aucun prurit n’est observé mais le très jeune âge des patients peut expliquer l’absence de démangeaison.
 

Auteur

Dr Christophe Bulliot, vétérinaire 
Exercice exclusif NAC
Exotic Clinic, 38 rue Robert Cousin, 77176 Nandy


Quel est votre diagnostic ? 

Six furetons âgés d’une dizaine de jours sont présentés pour des lésions cutanées. On observe une dépilation, un érythème et un squamosis. Aucun prurit n’est observé mais le très jeune âge des patients peut expliquer l’absence de démangeaison. L’état général est légèrement altéré pour les deux furetons présentant les lésions les plus étendues. Le reste de l’examen clinique est normal ainsi que celui de la mère des furetons.  


Réponse

Il s’agit d’une dermatophytose. Cette dermatose est rarement observée chez le furet mais doit faire partie du diagnostic différentiel lors de dépilation notamment chez les jeunes. Les consignes d’hygiène classiques doivent être données au propriétaire en raison de son caractère zoonotique. Les agents étiologiques sont Trichophyton mentagrophytes et Microsporum canis. Les symptômes sont analogues à ceux observés chez le chien et le chat avec une dépilation et plus rarement des croûtes, un érythème et du prurit. Le diagnostic repose sur la réalisation d’un trichogramme et d’une culture mycologique. L’utilisation de la lampe de Wood n’est pas diagnostique. Plusieurs traitements sont possibles tels que l’itraconazole (5 mg/kg/j en 3 cures de une semaine à une semaine d’intervalle soit 3 semaines de traitement étalées sur 5 semaines en tout) ou l’énilconazole (solution à 0.2% 4 fois à 4 jours d’intervalle, traitement choisi dans le cas présent en raison du très jeune âge des patients et appliqué au pinceau). Certains auteurs conseillent pour les cas réfractaires la griséofulvine (25 mg/kg/24h, 4-6 semaines, FulvidermND) mais une intolérance digestive, un effet tératogène et un risque d’anémie sont possibles. Etant donné le contact étroit de la mère et de ses petits, un traitement de celle-ci a également été entrepris malgré l’absence de symptôme (à l’énilconazole et en prenant soins de la séparer plusieurs heures des petits en attendant qu’elle sèche). Le propriétaire du furet mâle a été contacté pour qu’il le présente à son vétérinaire, une culture mycologique s’avérera positive.  

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Référence bibliographique : Quel est votre diagnostic ?, revue Pratique des animaux sauvages & exotiques, mars-avril-mai 2011, vol 11.1.

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