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Conjonctivite folliculaire chez le chien

conjonctivite-chien Auteur : Bertrand Michaud, docteur vétérinaire - 2013
Une chienne croisée beauceron/border collie de 3 ans est présentée à la consultation pour un épiphora bilatéral évoluant depuis plusieurs semaines. Plusieurs traitements à base d’antibiotiques topiques associés à des corticostéroïdes locaux ont été essayés sans succès par un confrère.   

 

A l’examen direct, on note un écoulement muqueux au coin des deux yeux. Il n’y pas de blépharospasme. Le test lacrymal (Test au rouge phénol) est normal pour les deux yeux. L’examen des conjonctives révèle un chémosis léger mais une hyperhémie de la face bulbaire de la membrane nictitante avec un aspect très « bosselé » concernant l’œil gauche.   


Une cytologie oculaire est réalisée et révèle une infiltration importante de lymphocytes sans macrophages ni bactéries.

Il s’agît donc d’une conjonctivite folliculaire bilatérale, plus marquée à gauche.  

Un traitement anti-inflammatoire associant de la triamcinolone par voie sous conjonctivale associée à une fluorométholone topique appliquée trois fois par jour est proposée. L’animal sera revu après 3 semaines de traitement, en cas de non guérison, un raclage folliculaire devra être réalisé.  

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Face orbitaire de la troisième paupière de l'oeil droit


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Face orbitaire de la troisième paupière de l'oeil gauche, noter l'aspect bosselé des follicules lymphoïdes

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Cytologie oculaire : abondance de lymphocytes

La conjonctivite folliculaire se développe secondairement à une stimulation antigénique chronique. Il n’y a pas de rapport avec une atteinte virale ou bactérienne. La plupart des follicules se forment sur la face bulbaire de la troisième paupière mais peuvent trouver leur place à d’autres endroits de la conjonctive. Il est fréquent d’observer une hyperhémie conjonctivale ainsi qu’une décharge muqueuse associée à la pathologie. Les chiens de moins de 18 mois représentent la plupart des cas observés.
Le diagnostic est basé sur l’observation des signes cliniques. Les frottis conjonctivaux confirment le diagnostic en soulignant le caractère lymphoÏde des follicules. La plupart des cas rétrocèdent à l’usage de topiques corticostéroïdes. Le nettoyage oculaire semble jouer un rôle important dans la diminution de la taille des formations folliculaires, particulièrement chez les chiens présentant un fornix important qui les exposent à une plus grande fréquence de présence de corps étrangers végétaux dans les culs de sacs conjonctivaux.
Les cas ne rétrocédant pas au traitement médical doivent faire l’objet d’un débridage mécanique des follicules. Après instillation d’un anesthésique local, les follicules sont « grattés » à l’aide d’un coton-tige entouré d’une gaze. Il est déconseillé de réaliser un débridage à la lame ainsi qu’à l’aide de cristaux de sulfate de cuivre car le système folliculaire est essentiel au système de défense immunitaire de l’œil.

 

 

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