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Maxillectomie caudale par abord chirurgical cutané et intra-oral

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Les tumeurs maxillaires caudales présentent un double challenge thérapeutique :
1. elles sont détectées plus tardivement et de ce fait sont plus volumineuses et infiltrantes,
2. une résection chirurgicale large est plus délicate compte tenu de la complexité des structures avoisinantes (orbite, boite crânienne et émergences vasculaires et nerveuses).

Philippe HENNET
European Specialist in Veterinary Dentistry
Diplomate, American Veterinary Dental College
Diplomate, European Veterinary Dental College
Clinique ADVETIA
Paris

L’approche chirurgicale classique pour une maxillectomie consiste à effectuer, à distance de sécurité de la tumeur, un lambeau muqueux triangulaire ou trapézoidal afin d’exposer l’os maxillaire. En région caudale, une incision de décharge verticale ne pouvant être étendue très dorsalement compte tenu de la présence de la commissure labiale et des structures vasculaires et nerveuses, l’exposition de l’os maxillaire en région latéro-dorsale et en région orbitaire est limitée. Une approche modifiée utilisant l’abord intra-oral classique complété par un abord cutané dorsal a été décrite (*).

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Figure 1: tumeur maxillaire caudale infiltrant la région orbitaire

(*). Lascelles BDX et al. Combined Dorsolateral and Intraoral Approach for the Resection of Tumors of the Maxilla in the Dog. J Am Anim Hosp Assoc 2003 ; 39 : 294–305.
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Bien que le périoste et la corticale osseuse constituent une barrière biologique limitant la croissance tumorale, les tumeurs des mâchoires d’origine épithéliale (carcinome) ou mésenchymateuse (sarcome) provoquent plus ou moins rapidement, en plus de l’extension au sein des tissus mous, une effraction de la corticale osseuse puis une progression au niveau de l’os spongieux. S’il est parfois possible pour les tumeurs rostrales des mâchoires (maxillaires ou mandibulaires) d’obtenir une évaluation assez précise de l’envahissement osseux grâce à deux clichés radiographiques orthogonaux, l’examen tomodensitométrique permet néanmoins une évaluation beaucoup plus fine de l’atteinte osseuse et est indispensable lors de tumeur caudale compte tenu de la complexité des structures présentes.

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Figure 2 : tumeur maxillaire caudale infiltrant l'os maxillaire et peu visible cliniquement


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Figure 3: Examen tomodensitométrique (scanner) 2D montrant l'infiltration osseuse.
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Figure 4: marges de la résection osseuse planifiées à partir de la reconstruction 3D.


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Figure 5: scanner post-opératoire montrant l'étendue de la résection (maxillectomie caudale pour un fibrosarcome) et la cicatrisation à 6 mois.
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Figure 6 : abord cutané dorsal : exposition du maxillaire et du zygomatique
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Figure 7 : abord intra-oral

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Figure 8 : suture cutanée de l'abord dorsal


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Figure 9 : cicatrisation à 10 jours
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